Sécurité sur les FPSO, une gestion opérationnelle des risques

La sécurité des personnes est un enjeu majeur. C’est pourquoi Total déploie sur ses FPSO des moyens spécifiques et sur mesure, pour maîtriser tout type de risque. Le point avec Jacques Monne, responsable du département Méthodes et Ingénierie de la sécurité à l'EP et Philippe Reffinato, chef de département Support aux Sites de la Division Exploitation.

 

Pourquoi la sécurité sur les FPSO demande-t-elle une approche spécifique ?

Philippe Reffinato : Sur un FPSO, des centaines de personnes sont confinées en pleine mer sur une raffinerie flottante gigantesque, avec près de deux millions de barils d'hydrocarbures stockés sous leurs pieds. C’est un contexte hors du commun. Notre priorité absolue est de garantir la sécurité de tous. Cela suppose une démarche bien spécifique, car il faut maîtriser les risques et être en mesure de gérer toute situation dégradée en grande autonomie.

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Jacques Monne

HSE

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Philippe Reffinato

HSE

Comment cette gestion des risques est-elle organisée en pratique sur le terrain ?

Jacques Monne : La gestion de la sécurité d'un FPSO repose sur un inventaire spécifique des risques identifiés. Enrichi en permanence, cet inventaire conduit à la sélection des systèmes de sécurité critiques à déployer. Ces systèmes sont ensuite inspectés et testés périodiquement, à l'aide d'outils de suivi rigoureux. Nous assurons donc un contrôle continu qui garantit la disponibilité et l'efficience des systèmes de sécurité d'un FPSO tout au long de sa vie opérationnelle.

 

De quelles façons les risques sont-ils surveillés ?

J.M. : Un système de gestion centralisé nous donne une vision globale des risques majeurs et de l'intégrité des installations. Le suivi s'appuie sur des indicateurs de sécurité “témoins” et “prédictifs”, avec des objectifs définis. Une méthodologie permet à l'encadrement de maintenir le niveau de risque à un niveau Alarp (As Low As reasonably Practicable), en cas de défaillance intempestive d’un système critique pour la sécurité, jusqu’au retour à une situation normale.

P.R. : La gestion opérationnelle de la sécurité repose aussi sur l'entretien systématique du FPSO et la mise en œuvre d'un plan d'inspection et de maintenance et de tests réguliers des systèmes critiques en matière de sécurité. Cette démarche nous permet d'anticiper les dérives de certains composants et d'engager des actions correctives. La maintenance de routine est effectuée directement par des équipes présentes à bord du FPSO. De grandes campagnes de maintenance sont également planifiées avec l'intervention d'équipes spécifiques.

 

Comment les collaborateurs sont-ils formés à la sécurité ? 

P.R. : Chaque personne mobilisée sur site reçoit une formation sécurité obligatoire, complétée par des modules plus spécifiques en fonction de la position tenue à bord. Toute tâche à effectuer sur un FPSO requiert un permis de travail signé. Il décrit précisément les mesures à suivre et les moyens disponibles pour préserver la sécurité des opérations. Les collaborateurs en prennent connaissance avant leur intervention. Cette sensibilisation systématique est à nos yeux un élément de réflexion et de prévention fondamental. Par ailleurs, nous proposons aux superviseurs, aux superintendants et à certains opérateurs de suivre une formation générale au design des installations. Ce stage de cinq jours leur permet d'avoir une vision globale des barrières de sécurité, des automatismes installés, etc. En Angola, il est désormais obligatoire.

 

Pourquoi la sécurité en SIMOPS est-elle spécifique ?

J.M. : Les SIMOPS sont majoritairement des opérations de construction menées simultanément aux opérations classiques. Ces activités supplémentaires font apparaître des risques nouveaux et nécessitent souvent un renfort de personnel important (le nombre de personnes exposées aux risques peut être multiplié par un facteur 3  ou 4) ; elles élèvent le niveau de risque sur les installations. Il est donc indispensable de renforcer l'organisation de la sécurité. Une analyse spécifique conduit à adapter les barrières de sécurité et les pratiques opérationnelles : adéquation des moyens de lutte incendie, modification des plans d'évacuation, gestion du personnel supplémentaire, mise en place de coordinateurs HSE dédiés aux SIMOPS, renforcement de la supervision… La communication avec les équipes est fondamentale pour intégrer ces nouvelles règles.

 

Quelle est la plus-value de cette démarche sur mesure ?

P.R. : Cette approche de la sécurité des opérations simultanées permet d'effectuer les travaux plus rapidement et d’améliorer les délais de mise en service des installations. Le gain de temps à la clé est important, et ce, sans augmentation du nombre d'accidents, avec un niveau de production qui reste optimal. Total dispose d'un savoir-faire reconnu en sécurité SIMOPS et d’une grande expérience opérationnelle, acquis notamment à travers les projets Brownfields de Rosa et les campagnes d'intégrité sur le FPSO en production de Girassol en Angola, sur Ofon 2 au Nigeria, ou sur Moho au Congo.

 

À quoi les plans d'urgence servent-ils ?

J.M. : Malgré la mise en œuvre de règles d’ingénierie de sécurité éprouvées et de gestion rigoureuse des systèmes critiques, un accident peut toujours survenir. Il est donc important d’avoir des plans d’urgence efficaces. Leur objectif est de minimiser les conséquences potentielles d'un événement majeur. Leur organisation et leur mise en place sont établis à partir des principaux scenarii représentatifs d'événements majeurs, identifiés en amont par une analyse des risques technologiques (Technological Risk Assessment).

 

Comment les équipes y sont-elles préparées ?

P.R. : Chaque semaine, des exercices sont organisés à bord avec des simulations réalistes, afin de tester les équipes et les équipements, et bien sûr d'être efficaces si un événement majeur se produisait. Ces exercices en situation fonctionnent comme des jeux de rôles, avec des scenarii d'entraînement pré-établis. Chaque année, des exercices de grande ampleur sont également menés au niveau d'une filiale. Ils permettent quant à eux de tester l'efficacité des plans d'urgence à grande échelle et de détecter tout élément qui aurait pu ne pas être pris en compte. L'exercice antipollution FPSO, effectué en Angola en 2015, a ainsi permis d'identifier la nécessité de prévoir, en cas d'urgence, des stratégies d'acheminement rapide de grandes quantités produits dispersants sur place.

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