La faiblesse des cours mondiaux du gaz naturel appelle une réduction importante des dépenses d’investissement pour lancer demain des projets GNL rentables. Faire aussi bien avec beaucoup moins exige de penser les infrastructures GNL autrement. Nous menons donc des études approfondies pour intégrer de nouvelles briques technologiques aux infrastructures de Gaz Naturel Liquéfié (GNL). L’enjeu ? Disposer d’architectures qui optimisent les coûts de développement de nos futures usines de liquéfaction.

Marc Fourneraut

GNL

Une démarche tous azimuts

Ces briques technologiques sont conçues en passant au crible les projets déjà développés par le Groupe ou d’autres opérateurs, les concepts disponibles auprès de différents partenaires et les configurations prospectives de développements du futur, en lien avec les spécialistes du GNL, de l’exploration et des Affaires Nouvelles. Les solutions pressenties sont évaluées par les métiers chargés de développer les activités GNL. Détaillées et chiffrées, elles pourront être prises en compte sur tout nouveau projet dès les phases initiales d’études conceptuelles et préliminaires. Cette démarche d’innovation englobe l’ensemble des composantes d’une installation de liquéfaction de GNL, car l’optimisation des coûts dépend de nombreux facteurs.

Des variantes adaptées au contexte

La construction de l’usine seule ne concentre sur nos projets que 25 % à 30 % des dépenses totales. Les contraintes liées au contexte  environnant mobilisent une grande partie de l’investissement. La localisation du projet est un facteur de coût prépondérant, en termes de préparation du site ou d’édification d’ouvrages de protection, comme d’éventuelles jetées brise-lames, de traitement du gaz, ou de fournitures d’utilité. La mise à disposition d’architectures alternatives en amont d’un projet offre un choix de variantes optimales. Sur une côte à la configuration compliquée, l’option d’une usine positionnée near shore pourra par exemple s’avérer moins coûteux qu’à terre. De même, en cas de gisement de gaz situé au large, la capacité à déployer une unité de liquéfaction flottante (FLNG) pourrait offrir une solution plus économique, en évitant les coûts de construction d’un pipeline jusqu’au continent.

Optimiser les fonctionnalités

La combinaison de fonctions est un levier d’économies important. Construire une jetée avec brise-lames servant simultanément de réservoir de stockage de GNL peut réduire les coûts, en supprimant les bacs de stockage à terre. Nous étudions de tels dispositifs, conçus comme des « couteaux suisses », tout comme la suppression pure et simple d’éléments coûteux présents dans les installations GNL « classiques ». En ligne de mire, les jetées des terminaux d’exportation. Elles pourraient disparaître dans certains cas, rendues inutiles par l’installation de conduites cryogéniques sous-marines alimentant directement un quai de chargement de méthaniers situé au large, ou l’utilisation de nouveaux concepts jetty-less.

L’adoption de solutions mieux dimensionnées à l’usage prévu (fit for purpose) constitue aussi une voie d’optimisation majeure. Pourquoi construire une centrale électrique aux spécifications Oil & Gas lorsqu’une centrale classique édifiée hors du périmètre des installations de GNL suffirait ? Cette alternative pourrait apporter une économie de l’ordre de 50 % sur le coût de la centrale. Autre piste, nous cherchons à augmenter la disponibilité des installations dès leur conception, afin de diminuer les temps d’arrêt et les jours de non-production, deux puissants leviers de performance. Nous identifions également des méthodes assurant une compacité maximale des usines de liquéfaction de GNL flottantes (FLNG) sans transiger sur l’impératif de sécurité. L’objectif : valider dès la phase conceptuelle des espacements de sécurité minimaux entre modules pour la résistance au souffle d’une explosion, tout en réduisant les coûts initiaux.

Par ailleurs, la composition du gaz à l’entrée de l’usine, nécessitant un traitement plus ou moins compliqué,  a un impact notable sur la rentabilité des usine GNL. La performance des procédés de traitement est donc de première importance. Nous explorons de nouveaux procédés de séparation cryogénique du gaz carbonique, qui pourraient permettre de gagner en efficacité globale grâce à des synergies avec les unités de liquéfaction.

Intégrer la modularisation et le midscale

Nous étudions de près avec plusieurs partenaires les configurations midscale. Notamment les conceptions modulaires avec l’utilisation de petits trains de liquéfaction, d’une capacité unitaire autour de 1Mtpa, comme aux Etats-Unis, où les projets Elba Island, Driftwood ou encore Calcasieu atteignent déjà la cible de CAPEX à 500$/Mtpa. La réduction des coûts y est atteinte grâce à une optimisation de l’efficacité de la construction, et à un recours à des équipements plus standards.

Autre intérêt primordial: l’ajout successif d’unités midscale permet de lisser la capacité des usines avec la montée en production de certains projets, ce que ne permettent pas les unité de grande taille.

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