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Les plateformes gravitaires, ou GBS (pour Gravity Based Structure) offrent d’intéressantes perspectives pour le développement de projets GNL en nearshore. Pourquoi ? Comment ? Les explications avec Pascal Collet et Aroquiaradj Gervais, de la ligne produit GNL, qui se sont penchés sur l’intégration d’une unité de liquéfaction sur ce type de structure. Un concept qui s’appuie sur notre expertise développée de longue date dans ce domaine.

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Aroquiaradj Gervais

GNL

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Pascal Collet

GNL

À quand remonte l’utilisation de plateformes en béton dans l’industrie pétrolière et gazière ?

Pascal Collet : Dans les années 70, l’industrie pétrolière a cherché à s’installer dans des environnements de plus en plus difficiles. Elle a commencé à s’intéresser au béton, qui présente plusieurs avantages : possibilité de construire localement et en flottaison, maintenance réduite. La France était à la pointe, avec des ouvrages comme la plateforme Hibernia. L’idée de structures flottantes en béton a ainsi fait son chemin. En 1996, nous avons été les premiers à mettre en service au large du Congo une barge flottante en béton supportant une unité de traitement d’huile et de gaz : la barge N’Kossa, toujours en service aujourd’hui. Avec le développement de l’industrie GNL sont apparus ces dernières années les FLNG*, sortes d’énormes bateaux-usine dédiés à l’exploitation des gisements offshore.

Aroquiaradj Gervais : L’architecture des projets GNL terrestres est quant à elle restée très conservatrice : l’unité de prétraitement, installée sur le champ de gaz, est reliée par un pipeline à l’usine de liquéfaction, située en bord de mer et adossée à une zone de stockage, et à un quai de chargement où viennent s’amarrer les méthaniers. Une conception qui nécessite une empreinte au sol importante, et la construction d’une digue pour offrir des conditions de mer calme aux navires. Pour faire face à l’effondrement des prix du gaz et rester compétitif, il fallait une rupture dans cette architecture.

D’où est venue l’idée d’intégrer une unité LNG sur une GBS ?

P.C. : Aujourd’hui, nous avons cinquante ans de retour d’expérience sur les structures en béton ; un produit à stocker, le GNL, pour lequel le béton s’avère être le matériau idéal ; une industrie qui a parfois du mal à trouver où installer son usine, avec de moins en moins de temps pour la construire et des contraintes de coûts importantes. A côté, nous avons un concept qui répond parfaitement au cahier des charges : construite et assemblée en cale sèche dans un yard, puis convoyée jusqu’à l’endroit ad hoc, la GBS remplit à la fois des fonctions de digue, de stockage, de plateforme d’accueil pour l’usine de liquéfaction et de quai de chargement.

Quels sont les avantages de cette solution ?

P. C. : La structure d’une GBS est très robuste et nécessite peu d’entretien. Sa construction n’exige pas de haute technicité. Par ailleurs, si le gisement est situé dans un endroit isolé, le yard peut être créé dans un pays tiers proposant de meilleures conditions d’accès ou de ressources matérielles.

A.G. : C’est surtout un concept agile dont l’architecture s’adapte au contexte du projet. En ne se limitant plus aux seules possibilités d’installation sur la terre ferme mais en étudiant aussi les opportunités offertes par le littoral côtier, cela ouvre de nouvelles perspectives. Nous avons comparé les coûts sur un projet en cours. Par rapport à une usine au sol, cette option permettrait d'économiser 20% sur l'ensemble pipeline amont et l'unité de GNL. Il reste encore des marges d’optimisation, mais le concept est viable et mérite d’être étudié dans le cadre des projets. 

Quelles sont les pistes d’optimisations ?

A. G. : Elles portent surtout sur l’intégration de l’unité de liquéfaction sur la GBS et sur le yard, qui représente 40% du coût de la plateforme. Nous nous sommes notamment inspirés d’une technique utilisée pour la construction de polders, qui consiste à assembler des petits caissons GBS construits directement sur site à l’aide de caissonniers flottants, pour un coût bien inférieur à celui d’un yard (30 M$ contre 450$ pour la création d'un yard). Mais cela entraîne d’autres contraintes pour l’intégration des équipements … Il nous reste donc encore à consolider cette piste.

P. C. : L’approche GBS pour le GNL ouvre des champs de discussion entre les industriels du génie civil et ceux du pétrole et du gaz pour challenger les projets et proposer les meilleures solutions. C’est en créant des ponts entre ces deux univers que se profileront de nouvelles opportunités.

 

*Floating Liquefied Natural Gas

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