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Notre stratégie Exploration repose sur cinq piliers fondamentaux, dont l’un met l’accent sur l’étude de bassins pétroliers stratégiques. Les équipes de maîtrise de bassin (basin mastering) partagent leurs connaissances et évaluent des thématiques sur des bassins donnés afin de guider le choix d’y pénétrer, dans l’optique d’assurer la robustesse et l'équilibre du portefeuille d’exploration. Rencontre avec Johannes Wendebourg, expert de Total en systèmes pétroliers, pour comprendre ce que recouvre ce concept.

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Johannes Wendebourg

Exploration

Qu’est-ce que le basin mastering ?

Johannes Wendebourg : Le basin mastering, ou maîtrise de bassin, est une manière de mieux comprendre les bassins dans lesquels nous évoluons. C’est un véritable enjeu car il nous arrive parfois soit d’être peu familiers des bassins en question, soit de manquer d’informations essentielles (à moins que nous ne travaillions sur ces sites depuis des années et que notre production n’y soit déjà abondante).

Cette technique se rapproche de ce que le secteur connaît plus largement sous le nom de PBE ou play-based exploration (exploration par thématique). L’une et l’autre de ces méthodes impliquent un changement de perspective : ce sont les thématiques, et non plus les prospects, qui constituent l’unité de base de l’exploration.

Cette approche possède un autre avantage car elle nous oblige à regrouper l’ensemble des renseignements dont nous disposons au sujet d’un bassin. Il s'agit donc d’un formidable effort d’agrégation et de partage des connaissances qui nous aidera à préserver et à organiser le savoir que nous avons accumulé sur plusieurs dizaines d'années.

 

Pourquoi cette nouvelle approche ?

J.W : Une thématique est une zone contenant des accumulations d’hydrocarbures ou des prospects d'un certain type qui ont une histoire géologique commune et qui sont génétiquement liés. Une bonne thématique contient un réservoir, une source et un piège.

Si vous avez réussi à identifier tous ces éléments, l’exploration doit pouvoir se faire dans de nombreux endroits de la thématique. Une fois ce travail effectué, vous pouvez cartographier non plus un simple objet ou un simple prospect, mais bien toute une région susceptible de se révéler prospective.

 

Comment créez-vous ces cartes ?

J.W : Cela nécessite trois éléments distincts : les cartes de charge, les cartes de réservoir et les cartes d’étanchéité. Pour qu’un réservoir fonctionne, tous ces éléments doivent entrer en jeu. Si, dans une zone donnée, ce n’est pas le cas, la thématique n’est pas concluante.

Pour générer ces cartes, nous utilisons beaucoup les systèmes d'information géographique (SIG) car les éléments de la thématique sont par définition de nature spatiale. Nous leur appliquons ensuite différentes combinaisons. Leur sélection et leur mélange débouchent sur de nouvelles observations et conclusions.

Les cartes de thématique sont un outil spatial très important car elles nous aident à classer les différentes zones et à établir des priorités.

 

Ce qui vous permet de prendre des décisions stratégiques.

J.W : Une thématique se distingue radicalement d'un prospect.

Un prospect peut être vu et cartographié au moyen de données sismiques. Dans ce cas, nous en quantifions la géométrie et en analysons les propriétés, la porosité par exemple, afin d’en déterminer le volume, ce qui nous permet de déduire une valeur économique tenant compte des risques du prospect.

La maîtrise de bassin déplace le point focal de l’exploration vers une analyse régionale et vers l’identification de thématiques, ce qui permet de limiter les risques liés à l’ensemble d'une zone ou d’une séquence de prospects.

Nous pouvons ainsi nous montrer proactifs : après avoir identifié une thématique prometteuse, nous pouvons nous projeter vers l’avenir et anticiper la valeur qui en découlera. Cet outil doit servir à anticiper, et pas seulement à réagir lorsqu’une opportunité se présente.

Avec ce type d'approche, toute la difficulté – et cela n’est pas spécifique à Total – est de se concentrer sur une région plutôt que sur un prospect et d’arriver à lui attribuer un volume et une valeur monétaire tenant compte des risques, car la thématique regroupe de multiples objets interdépendants.

 

Quelles sont les prochaines étapes de la maîtrise de bassin ?

J.W : Nous cherchons à prendre en compte l’incertitude dans les cartes de thématique que nous établissons. Les cartes CRS (Common Risk Segment), outil phare de l’exploration par thématique, utilisent des couleurs empruntées aux feux de signalisation routière pour déceler les endroits potentiellement productifs (sweet spots). Mais leurs constatations sont trop simplistes : elles peuvent nous amener à condamner des zones entières car elles n'intègrent pas la notion d’incertitude.

La maîtrise de bassin nous aide à dépasser cette limite. Une équipe pilote s’est attelée à cette tâche : si les résultats sont concluants, nous envisageons de déployer cette technique dans le monde entier.