Les dernières conventions et réglementations européennes œuvrent à démontrer l’absence de toxicité significative des eaux de production rejetées en mer. Total s’y est préparé de longue date et dispose des technologies et des méthodologies pour le faire. Au-delà, et en ligne avec ses engagements d’opérateur responsable, cette exigence est devenue un standard commun à toutes ses filiales de par le monde.

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Thomas Merzi

Environnement

Une exigence commune à toutes les filiales de l'Exploration-Production

La recommandation de la Convention OSPAR pour la protection du milieu marin de l’Atlantique du Nord-Est sera pleinement applicable à la fin de l’année 2018*. Dès lors, limiter à moins de 30 mg/l la teneur en hydrocarbures des eaux de production rejetées en mer ne suffira plus. C’est le risque environnemental, associé à tous les composés dissous potentiellement toxiques présents dans ces effluents aqueux, que nous devrons évaluer et maîtriser. Avec, pour enjeu, de minimiser le risque d’impact nocif de ces rejets sur les écosystèmes de cette zone maritime.

Franchir ce saut qualitatif s’est naturellement imposé comme un objectif prioritaire de notre stratégie d’amélioration continue de la qualité de nos eaux de production. Les efforts engagés depuis plusieurs années nous ont permis de l’atteindre : nous disposons désormais d’une méthodologie de gestion de nos effluents aqueux en ligne avec l’approche basée sur une analyse de risque (RBA, Risk Based Approach) promue par la Convention OSPAR.

D’ores et déjà intégrée au référentiel HSE de l’Exploration Production, cette méthodologie est appelée à être mise en œuvre, au-delà du périmètre de l’Atlantique du Nord-Est, par toutes nos filiales. Y compris lorsqu’elle n’est pas obligatoire. Généraliser cette bonne pratique s’inscrit, en effet, dans l’engagement de Total d’appliquer les standards environnementaux les plus exigeants partout où il opère.

 

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Une approche basée sur l'analyse du risque environnemental

Appréhender le risque environnemental d’une eau de production sur le milieu marin repose sur une méthodologie clairement balisée par la réglementation. La première étape consiste à dresser l’inventaire précis des composants qui y sont dissous – qu’il s’agisse de substances naturellement présentes dans le réservoir ou produits chimiques ajoutés par les procédés de production ou de traitement - et à déterminer leurs concentrations dans l’effluent.

La seconde étape permet de déterminer le niveau d’exposition des organismes marins aux substances présentes dans le rejet. Elle repose sur la modélisation hydrodynamique du panache de rejet dans le milieu marin par le logiciel DREAM (Dose-related Risk and Effect Assessment Model), spécialement développé à cet effet avec SINTEF dans le cadre d’un JIP. Ce modèle permet d’estimer la concentration individuelle de chaque composé dans le milieu marin et de modéliser son évolution dans le temps et dans l’espace en prenant en compte tous les phénomènes physiques mis en jeu (turbulences, dissolution, évaporation, etc.).

Le risque environnemental est déterminé, in fine, par le rapport entre ce niveau d’exposition et la toxicité intrinsèque des produits présents dans l’effluent, calculée par des tests écotoxicologiques réalisés en laboratoire. Pour être acceptable, ce risque doit être conforme aux seuils fixés par la réglementation.

 

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Une recherche continue d'amélioration de nos performances

L’utilisation responsable des produits chimiques associée à l’optimisation du traitement des eaux de production est la clé d’une écotoxicité maîtrisée des rejets eaux de production. Nos efforts d’innovation sur ces problématiques convergent pour soutenir la réduction continue de leur nocivité.

L’écotoxicité des produits chimiques utilisés dans nos procédés de production, susceptibles de se retrouver à l’état de trace dans les eaux de production, doit être la plus faible possible. C’est pourquoi leur performance environnementale (toxicité, biodégradabilité et pouvoir de bioaccumulation) constitue un critère de sélection aussi important que leur efficacité et leur coût.

Nous consacrons des efforts particuliers de R&D aux additifs chimiques, type inhibiteurs de corrosion, source principale de la toxicité potentielle des eaux de rejet. Nous participons, notamment, à la mise au point de nouvelles formulations pour améliorer la biodégradabilité de ces biocides. En parallèle, nous développons un outil innovant de biomonitoring de la corrosion d’origine bactérienne. Opérable sur site grâce à la miniaturisation de techniques de biologie moléculaire, il nous permettra d’accroître significativement la fréquence et la précision du suivi de l’activité bactérienne. À la clé : des traitements contre la corrosion mieux ajustés aux besoins, parant au risque de surdosage des produits chimiques.

Extraire ces substances des effluents aqueux constitue un véritable défi en offshore. Les traitements biologiques qui permettent de le faire sont en effet trop encombrants pour être installés sur nos supports flottants. Mais nous sommes en passe de résoudre ce problème, via la nouvelle technologie MBBR (Moving Bed Biofilm Reactor). Ce biotraitement optimisé d’élimination des corps dissous dans les eaux de production a prouvé ses excellentes performances lors d’un test pilote de huit mois achevé au printemps 2017. Plus économique que les traitements biologiques du marché, il accélère considérablement l’épuration de l’eau et permet ainsi de réduire drastiquement l’encombrement du procédé. Disponible pour nos nouveaux projets de développement en offshore, il concrétisera notre capacité à réduire les impacts de nos activités sur l’environnement.